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Ozempic et Mounjaro à la ménopause : ce que les femmes doivent savoir
À la périménopause et à la ménopause, de nombreuses femmes constatent que leur corps ne répond plus de la même manière.
Le poids augmente parfois alors que l’alimentation n’a pas radicalement changé. La graisse a tendance à s’installer davantage au niveau abdominal. Le tour de taille progresse, la masse musculaire diminue et les stratégies qui fonctionnaient autrefois semblent devenir beaucoup moins efficaces.
Dans ce contexte, les traitements agissant sur le GLP-1, comme le sémaglutide ou le tirzépatide, suscitent un intérêt considérable.
Ozempic, Wegovy, Mounjaro : ces noms sont désormais partout.
Mais ces médicaments sont-ils réellement adaptés aux femmes à la ménopause ? Peuvent-ils aider à perdre du poids sans dégrader la masse musculaire ? Quels sont leurs bénéfices, leurs limites et leurs risques ?
La réponse dépend avant tout du profil médical de chaque femme.

Pourquoi le corps change-t-il à la ménopause ?
La prise de poids observée autour de la ménopause ne s’explique pas uniquement par la diminution des œstrogènes.
Le vieillissement, la réduction de l’activité physique, les troubles du sommeil, le stress, certaines modifications alimentaires et la diminution progressive de la masse musculaire interviennent également.
La transition ménopausique favorise néanmoins une modification importante de la répartition des graisses.
Avant la ménopause, les œstrogènes favorisent généralement une répartition dite gynoïde, avec davantage de graisse stockée au niveau des hanches, des fesses et des cuisses.
Lorsque les taux d’œstrogènes diminuent, la graisse a davantage tendance à se concentrer au niveau abdominal.
Or, toutes les graisses ne présentent pas le même risque métabolique.
La graisse sous-cutanée
La graisse sous-cutanée se situe directement sous la peau. C’est celle que l’on peut pincer, notamment au niveau des cuisses, des hanches ou de l’abdomen.
Elle peut évidemment être présente en excès, mais son activité métabolique est différente de celle de la graisse viscérale.
La graisse viscérale
La graisse viscérale se trouve plus profondément dans l’abdomen, autour des organes.
Lorsqu’elle devient trop importante, elle est associée à une augmentation du risque :
- d’insulinorésistance ;
- de diabète de type 2 ;
- d’hypertension artérielle ;
- de stéatose hépatique ;
- de maladies cardiovasculaires ;
- et de syndrome métabolique.
Une femme peut donc ne prendre que quelques kilos à la ménopause tout en observant une dégradation significative de sa composition corporelle.
La question importante n’est pas seulement : « Combien est-ce que je pèse ? »
Il faut également s’interroger sur le tour de taille, la quantité de graisse viscérale, la masse musculaire, la force physique et l’état métabolique.
Qu’est-ce que l’insulinorésistance ?
L’insuline est une hormone essentielle à la régulation de la glycémie.
Après un repas, elle permet notamment au glucose d’entrer dans les cellules afin d’être utilisé comme source d’énergie ou stocké.
Lorsque les tissus deviennent moins sensibles à l’insuline, le pancréas doit en produire davantage pour maintenir une glycémie correcte. C’est ce que l’on appelle l’insulinorésistance.
Elle est fréquemment associée à :
- une augmentation du tour de taille ;
- une graisse viscérale importante ;
- des triglycérides élevés ;
- une diminution du HDL cholestérol ;
- une hypertension ;
- une stéatose hépatique ;
- un syndrome des ovaires polykystiques ;
- des apnées du sommeil ;
- ou une évolution vers un diabète de type 2.
L’insulinorésistance ne rend pas la perte de poids strictement impossible. En revanche, elle peut rendre la régulation de la faim, des prises alimentaires et du stockage énergétique beaucoup plus difficile.
Comment fonctionnent les traitements GLP-1 ?
Le GLP-1 est une hormone naturellement produite par l’intestin après les repas.
Elle participe notamment à :
- la régulation de la glycémie ;
- la sécrétion d’insuline ;
- la diminution du glucagon ;
- la satiété ;
- la régulation de l’appétit ;
- et au ralentissement de la vidange gastrique.
Les agonistes des récepteurs du GLP-1 reproduisent ou prolongent certains de ces effets.
Ils n’entraînent pas directement une fonte de la graisse. Leur action principale consiste à diminuer la faim, à augmenter la satiété et à réduire les quantités alimentaires.
Beaucoup de patients décrivent également une diminution du « bruit alimentaire », parfois appelé food noise.
Il s’agit de ces pensées permanentes autour de la nourriture : prévoir le prochain repas, lutter contre les envies, penser constamment à ce que l’on peut ou ne peut pas manger.
Chez certaines personnes, la diminution de ce bruit alimentaire est particulièrement marquante.
Ozempic, Wegovy et Mounjaro : quelles différences ?
Ces médicaments ne sont pas totalement interchangeables.
Ozempic
Ozempic contient du sémaglutide, un agoniste des récepteurs du GLP-1.
Son indication européenne principale concerne le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé. La perte de poids peut faire partie des effets observés, mais Ozempic n’est pas la spécialité spécifiquement destinée au traitement de l’obésité. (Agence Européenne des Médicaments)
Wegovy
Wegovy contient également du sémaglutide, mais avec une autorisation et un schéma posologique destinés à la gestion du poids.
Il peut être indiqué chez les adultes présentant :
- un IMC supérieur ou égal à 30 ;
- ou un IMC compris entre 27 et 30 en présence d’au moins une complication liée au poids.
Il est utilisé en complément d’une alimentation adaptée et d’une augmentation de l’activité physique. (Agence Européenne des Médicaments)
Mounjaro
Mounjaro contient du tirzépatide.
Le tirzépatide agit à la fois sur les récepteurs du GLP-1 et sur ceux du GIP, une autre hormone incrétine.
Il est autorisé en Europe pour le traitement du diabète de type 2 et pour la gestion du poids chez certains adultes présentant une obésité ou un surpoids associé à une complication liée au poids. (Agence Européenne des Médicaments)
Quelle perte de poids peut-on espérer ?
Dans l’étude STEP 1, le sémaglutide à la dose de 2,4 mg par semaine a été associé à une perte de poids moyenne d’environ 14,9 % après 68 semaines chez des adultes présentant une obésité ou un surpoids associé à une comorbidité, sans diabète. (New England Journal of Medicine)
Dans l’étude SURMOUNT-1, le tirzépatide a entraîné une perte de poids importante et durable sur 72 semaines, avec des résultats variables selon la dose utilisée. (New England Journal of Medicine)
Une étude comparative plus récente a également montré une réduction moyenne du poids et du tour de taille plus importante avec le tirzépatide qu’avec le sémaglutide chez des adultes présentant une obésité sans diabète de type 2. (New England Journal of Medicine)
Ces chiffres correspondent toutefois à des moyennes obtenues dans le cadre d’essais cliniques.
Chaque personne répond différemment.
La perte de poids dépend notamment :
- de la molécule ;
- de la dose réellement tolérée ;
- de la durée du traitement ;
- de l’alimentation ;
- de l’activité physique ;
- de la présence ou non d’un diabète ;
- des éventuels effets secondaires ;
- et du profil métabolique initial.
L’objectif ne doit donc pas être de reproduire absolument un pourcentage annoncé dans une étude.
Une perte de poids plus modérée peut déjà apporter des bénéfices significatifs sur la glycémie, la pression artérielle, la stéatose hépatique, les apnées du sommeil ou la mobilité.
À qui ces traitements sont-ils destinés ?
Les traitements du poids ne sont normalement pas indiqués pour perdre deux ou trois kilos avant l’été.
Leur prescription concerne principalement les personnes présentant :
- une obésité ;
- ou un surpoids associé à une ou plusieurs complications métaboliques ou cardiovasculaires.
L’IMC reste utilisé dans les indications réglementaires, même s’il est imparfait.
Il ne permet pas de différencier le muscle de la graisse et ne mesure pas directement la graisse viscérale.
Une femme peut avoir un IMC normal tout en ayant peu de muscle et une proportion importante de graisse abdominale.
À l’inverse, une personne très musclée peut présenter un IMC élevé sans véritable excès de masse grasse.
L’évaluation devrait donc également tenir compte :
- du tour de taille ;
- de la composition corporelle ;
- de la force musculaire ;
- des antécédents médicaux ;
- de la glycémie ;
- du bilan lipidique ;
- de la pression artérielle ;
- du niveau d’activité physique ;
- et des éventuelles complications associées au poids.
Le principal risque après 40 ans : perdre trop de muscle
La perte de poids ne correspond jamais exclusivement à une perte de graisse.
Une partie de la masse maigre peut également diminuer.
Or, après 40 ans et plus particulièrement autour de la ménopause, la femme est déjà exposée à une diminution progressive de la masse et de la fonction musculaires.
Le risque est plus important lorsque la perte de poids est rapide et que la patiente :
- mange très peu ;
- ne consomme pas suffisamment de protéines ;
- ne fait aucun renforcement musculaire ;
- est déjà sarcopénique ;
- souffre de nausées ou de vomissements ;
- ou réduit excessivement ses apports alimentaires.
Une femme peut alors perdre du poids tout en devenant plus faible et en diminuant son métabolisme de repos.
Elle peut également constater une fatigue accrue, une diminution de la force physique, une fonte musculaire et un visage qui se creuse rapidement.
L’objectif ne doit donc pas être de perdre le plus de poids possible dans le temps le plus court.
Il faut chercher à perdre principalement de la graisse tout en préservant le muscle, la force et la santé
osseuse.
Les trois actions indispensables pendant le traitement
Lorsqu’un GLP-1 est médicalement indiqué, trois mesures doivent accompagner le traitement.
Maintenir un apport suffisant en protéines
Lorsque l’appétit diminue fortement, il devient essentiel de préserver une alimentation suffisamment dense sur le plan nutritionnel.
Une femme sous GLP-1 ne devrait pas se contenter d’une soupe, d’un fruit et d’un yaourt parce qu’elle n’a plus faim.
Chaque repas devrait contenir une source de protéines adaptée :
- œufs ;
- poisson ;
- volaille ;
- viande selon les préférences ;
- produits laitiers riches en protéines ;
- tofu ;
- tempeh ;
- légumineuses ;
- ou association de protéines végétales.
Les besoins doivent être individualisés selon l’âge, le poids, l’activité physique, l’état de santé et la fonction rénale.
Pratiquer du renforcement musculaire
La marche est excellente pour la santé, mais elle ne remplace pas totalement le travail contre résistance.
Pour préserver le muscle pendant une perte de poids, l’organisme doit recevoir un signal mécanique suffisamment important.
Ce travail peut être réalisé avec :
- des haltères ;
- des machines ;
- des élastiques ;
- le poids du corps ;
- ou des exercices fonctionnels progressifs.
Deux à trois séances hebdomadaires adaptées au niveau de départ constituent généralement un objectif pertinent.
Organiser un véritable suivi médical
La prescription ne devrait pas se limiter à remettre une ordonnance et à augmenter automatiquement les doses.
Le suivi doit notamment évaluer :
- la tolérance digestive ;
- la vitesse de perte de poids ;
- les apports alimentaires ;
- la consommation de protéines ;
- la masse musculaire ;
- l’hydratation ;
- la constipation ;
- la fatigue ;
- les traitements associés ;
- et les éventuels signes de complication.
La meilleure dose n’est pas nécessairement la dose maximale.
C’est la dose minimale efficace et suffisamment bien tolérée pour améliorer durablement la santé.
Quels sont les effets secondaires ?
Les effets indésirables les plus fréquents sont principalement digestifs :
- nausées ;
- reflux ;
- sensation de lourdeur ;
- diarrhées ;
- constipation ;
- ballonnements ;
- vomissements ;
- diminution très importante de l’appétit.
Ils apparaissent fréquemment au début du traitement ou après une augmentation de dose.
Une augmentation trop rapide peut empêcher la patiente de s’alimenter correctement et provoquer une déshydratation, une fatigue importante ou une aggravation de la constipation.
Les repas très copieux ou très gras peuvent également être moins bien tolérés.
Les complications graves sont beaucoup plus rares, mais doivent être connues.
Une douleur abdominale intense et persistante, des vomissements incoercibles, une impossibilité de boire, une distension abdominale importante ou un arrêt des selles et des gaz nécessitent une évaluation médicale rapide.
Les antécédents digestifs, pancréatiques, biliaires ou endocriniens doivent être signalés au prescripteur.
GLP-1 et traitement hormonal de la ménopause
Le traitement hormonal de la ménopause n’est pas un médicament destiné à faire perdre du poids.
Il peut être proposé pour traiter certains symptômes de la ménopause, après évaluation individuelle du rapport entre les bénéfices et les risques.
En améliorant les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, le sommeil ou certaines douleurs, il peut néanmoins faciliter indirectement l’activité physique et une meilleure hygiène de vie.
Il peut également limiter certaines modifications défavorables de la composition corporelle liées à la carence œstrogénique, sans devenir pour autant un traitement de l’obésité.
L’association entre un GLP-1 et un traitement hormonal doit être individualisée.
Une attention particulière peut être nécessaire pour certains traitements administrés par voie orale, car le ralentissement de la vidange gastrique peut théoriquement modifier leur absorption.
Cette question doit être discutée avec le médecin prescripteur, notamment chez les femmes utilisant un progestatif oral ou une contraception orale.
Qu’est-ce que l’« Ozempic face » ?
L’expression « Ozempic face » est devenue très populaire sur les réseaux sociaux.
Pourtant, le médicament ne cible pas spécifiquement la graisse du visage.
Ce phénomène correspond surtout aux conséquences d’une perte de poids importante ou rapide.
Lorsque la graisse sous-cutanée du visage diminue, on peut observer :
- un creusement des tempes ;
- une diminution du volume des joues ;
- une accentuation des sillons ;
- un relâchement cutané ;
- une perte de soutien de la partie moyenne du visage.
Ce phénomène peut également survenir après une chirurgie bariatrique ou toute autre perte de poids importante.
Le risque dépend de l’âge, de la qualité de la peau, du tabagisme, de l’exposition solaire, de la vitesse de perte et de la structure initiale du visage.
En médecine esthétique, il faut éviter de compenser immédiatement cette perte par des volumes excessifs d’acide hyaluronique.
Il est souvent préférable d’attendre une stabilisation du poids et d’évaluer à la fois :
- la perte de volume ;
- la structure du visage ;
- la qualité cutanée ;
- et le relâchement.
Le traitement peut alors associer, selon les indications, une restauration volumétrique prudente, de la biostimulation ou des techniques de resurfacing.
Que se passe-t-il après l’arrêt ?
Lorsqu’un traitement agissant sur le GLP-1 est interrompu, la faim et le bruit alimentaire peuvent réapparaître.
Une reprise de poids est donc fréquente.
Cela ne signifie pas que la personne manque de volonté.
Cela montre simplement que les mécanismes biologiques qui favorisaient la prise de poids n’ont pas nécessairement disparu.
L’obésité étant une maladie chronique, certaines personnes peuvent avoir besoin d’un traitement prolongé.
Avant de commencer, il faut donc discuter :
- de la durée probable du traitement ;
- de son coût ;
- de sa disponibilité ;
- des objectifs ;
- de la tolérance ;
- du suivi médical ;
- et de la stratégie prévue en cas de diminution ou d’arrêt.
Ces médicaments ne devraient pas être envisagés comme une simple cure de quelques semaines.
GLP-1 et ménopause : bonne ou mauvaise idée ?
Chez une femme présentant une obésité ou un surpoids associé à des complications métaboliques, les traitements agissant sur le GLP-1 peuvent représenter une avancée majeure.
Ils peuvent :
- diminuer la faim ;
- réduire le bruit alimentaire ;
- améliorer la satiété ;
- permettre une perte de poids significative ;
- et améliorer certains paramètres métaboliques.
Mais ils ne doivent pas être banalisés.
Ils ne remplacent ni l’évaluation médicale, ni une alimentation suffisamment protéinée, ni le renforcement musculaire.
Ils ne constituent pas non plus un traitement universel de la prise de poids à la ménopause.
Après 40 ans, l’objectif ne devrait pas être uniquement de peser moins.
L’objectif est de préserver le muscle, la force, la santé osseuse, la santé métabolique et l’autonomie pour les années à venir.
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Cet article est proposé à titre informatif et éducatif. Il ne remplace pas une consultation médicale. Les traitements cités sont délivrés sur prescription et leurs indications doivent être évaluées individuellement par un professionnel de santé.